Kabarettl'

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Kabarettl'

« spectacle avec restauration »
idée et conception :
Mareike Schellenberger
avec
Mareike Schellenberger : mezzo-soprano
Mara Dobresco : piano
Fred Escurat : acrobate-jongleur
Camille Revol et Florence Peyrard : danseuses-contorsionnistes
musique : Arnold Schönberg, Oscar Strasnoy,
Stefan Lienenkämper,
Luis Naon
texte :
Kurt Schwitters
scénographie et costumes :
Sylvie Skinazi
cuisine et mise en cuisine :
Daniel Sultan




Il y a mille et une raisons d’aller voir le Kabarettl’ de la chanteuse Mareike Schellenberger et de la pianiste Mara Dobresco, associées sur ce spectacle hors temps et hors conventions à une équipe au fort potentiel poétique; un acrobate-jongleur, une danseuse et une contorsionniste, dont les apparitions sont comme des «sortilèges» qu’on ne voudrait pas voir se rompre.…
On est entre Pierrot Lunaire, le «Chat Noir» et Lulu !
Les textes chantés avec gourmandise et justesse de ton par
Mareike Schellenberger, de sa voix pleine et sensuelle, sèment leur douce folie de doux-amer …

Anne Montaron, France Musique


Kabarettl'

Kabarettl

Au bourgeois échappe de son crâne aigu le chapeau
Ce premier vers du poème de Jakob van Hoddis "Weltende" (1910), traduit par Aragon, marque dans l’histoire de la littérature le début de l'expressionnisme allemand. La Monarchie perd sa couronne, le bourgeois son chapeau, et la société une grande partie de son ordre habituel.


KABARETTL’ s’inspire de l’esprit explosif et créatif du début du 20ème siècle, où s’effondrent les hiérarchies sociales, politiques et artistiques. Dodécaphonie, dadaïsme, surréalisme, expressionnisme, tout d'un coup tout peut surgir. Dans les cafés, les clubs ou les cabarets, artistes, poètes, philosophes cherchent à exprimer ce nouveau « Lebensgefühl », nerveux et si énergique. Dans les premiers cabarets comme « Le Chat Noir » à Paris ou le « Überbrettl » à Berlin, on est frivole, politique, satirique, piquant. Les poètes et compositeurs écrivent des chansons spécialement pour ces lieux ou l'on se confronte et s’exprime avec une liberté nouvelle, cherchant à creuser dans l’impensable. Le genre "Cabaret Song" était né.
En parallèle de cette libération touchant les arts et les mœurs, sur la scène politique et sociale, dans chaque pays européen comme au plan international, se produisent de grands bouleversements. Ils développent un énorme potentiel destructeur, comme le montrent les deux guerres mondiales. Un siècle après les destructions se manifestent à une autre échelle, s'attaquant à notre base vitale. Plus actuel que jamais, le texte de Hoddis marque le risque d'un dépérissement de notre humanité :

Et sur les côtes - à ce qu'on lit - grimpe le flot.
L'orage est là, les mers sauvages ne font qu'un saut
À terre, pour disloquer les digues dures.

Le spectacle s'appuie sur le texte "Mein neues Hut", de Kurt Schwitters, qui indique aussi une trame dramaturgique. Le répertoire est constitué des « Brettl’ Lieder » d'Arnold Schönberg et de Cabaret-songs d'aujourd'hui (Oscar Strasnoy). KABARETTL’ invite compositeurs et auteurs à en écrire de nouveaux en se laissant imprégner par l'esprit (et la lettre) de "Weltende". Les costumes et la matière scénographique sont travaillés dans l'esprit de cette époque (Sylvie Skinazi).
Passerelle entre le début du 20ème siècle et aujourd'hui, KABARETTL’, entre rires et larmes, frivolité et gravité, amusements et grincements, est en outre, comme autrefois, un « spectacle avec restauration », qui jouera de possibles relations entre l'art musical et l’art du palais.

Mareike Schellenberger